LGBT : T comme Transgendérisme négationniste

Parade de la LGBT Pride à Rio de Janeiro en 2010. Crédit Photo : Alobos Life.(flickr.com)

Parade de la LGBT Pride à Rio de Janeiro en 2010. Crédit Photo : Alobos Life.(flickr.com)

Vais-je être taxée d’homophobe ou de « transgenrophobe » pour avoir écrit cet article ? Je n’en sais rien mais n’y voyez qu’une tentative (désespérée !) de comprendre ce que signifie être transgenre dans un monde qui finalement a l’air de tellement prendre tout cela à la légère, presque posé là, baba cool. Si les gens sont d’accord c’est qu’ils comprennent non ? C’est qu’ils savent ce que tout cela implique.

Moi dans mon petit esprit carré et peut-être obtus je n’y arrive pas. Mais peut-on vraiment m’en vouloir ? Que je le veuille ou non ma façon de penser a été polie par mon milieu de socialisation qui fut d’abord africain avant, maintenant d’être européen et de type occidental. Une brève recherche sur internet et Wikipédia – et là j’entends le reproche de mes professeurs de faculté qui me murmurent à l’oreille : « Wikipédia n’est pas une source crédible, il faut aller sur Universalis » , mais que voulez-vous je n’ai pas encore le réflexe Universalis. Donc le premier lien sur lequel je suis tombée me dit ceci à ce sujet :

« Le transgendérisme ou transgénérisme est le fait pour une personne de s’identifier, au moins en partie, au sexe opposé à son sexe de naissance et d’en adopter le mode de vie. Une personne transgenre est ainsi une personne qui adopte une identité de genre différente de son sexe de naissance mais sans nécessairement subir de chirurgie de réattribution sexuelle.

De manière générale, le transgendérisme peut également désigner toute personne qui rejette en tout ou en partie son identité sexuelle ou qui ne s’identifie pas aux règles des genres masculins et féminins traditionnels (travestis, transsexuels, troisième sexe, queer, personne intersexuée).

(…).Enfin, « transgendérisme » peut désigner le mouvement transgenre, une critique du transsexualisme qui refuse la binarité féminin-masculin et milite pour une contestation du genre4. »

Passons le premier paragraphe, celui-ci fait plus état de transsexualité et la transsexualité franchement ? Je peux comprendre. Peu importe les raisons personnelles qui motivent ou les différents événements qui ont jalonné la vie des uns et des autres, je peux assimiler que l’on ne se sente pas bien dans le sexe avec lequel on est né. Petite, j’avais un voisin comme ça, (et je pense que dans chaque coin de quartier ou famille on a quelqu’un « comme ça ») qui était très efféminé, qui se sentait plus à l’aise en jouant avec moi à la poupée et à la cuisine qu’au foot avec ses pairs. Au fil du temps soit cela « s’arrange » et ces individus se repositionnent dans les codes sociaux de leur genre, soit ils deviennent transsexuels (et se travestissent) car mal dans leur peau, soient ce comportement n’était que prémices d’une homosexualité à l’âge adulte. Dans tous ces cas de figure, ce n’est en rien dramatique.

Les choses se gâtent lorsqu’on me dit que le transgendérisme (ou transgénérisme) couvre aussi des individus qui pour aller vite « ne se sentent ni hommes ni femmes et ne veulent être étiquetés comme tels ». Ils ne souhaitent être appelés ni Madame ni Monsieur, ni IlS ni ELLES.

Non mais sérieusement où allons-nous ?

Autant je peux comprendre l’homosexualité et la transsexualité pour peu que les protagonistes soient au moins affiliés ou gardent leur sexe, autant je ne peux vraiment pas concevoir que l’on ne se sente ni l’un ni l’autre. Non mais sans déconner ? Je suis peut-être quelqu’un au fond de fermé malgré les apparences ou ce blocage ne traduit en réalité qu’une immense peur : celle dans les prochaines décennies de voir une société uniformisée où hommes et femmes auraient les mêmes apparences et les mêmes comportements. Le seul fait d’imaginer un tel scénario me fait froid dans le dos, je ne veux pas d’un monde comme ça pour mes enfants, je ne veux pas qu’ils aient la liberté de se dire après être nés, qu’ils ne sont ni homme ni femme. Taxez moi de ce que vous voulez !

Je milite pour les droits de l’Homme, j’ai des amis gays, j’adore leur compagnie. Les travestis dans le métro ne me dérangent pas, je peux vivre avec même si pour certains c’est déjà le summum de la décadence pour nos sociétés. Même le cas Caitlyn Jenner bien qu’ayant défrayé la chronique ne me gêne pas.

Pour moi tout ceci est « acceptable » mais ce qui ne l’est clairement pas, c’est de refuser d’être assimilé à un sexe alors même que naturellement, scientifiquement tout a déjà été programmé. Chez les religieux Dieu créa Adam et Eve, chez les athées et agnostiques (ceux qui ne croient en rien) la biologie a ordonné les choses : vagin et utérus pour les femmes, pénis et testicules chez les hommes. Maintenant d’un point de vue sociétal, que l’Homo Sapiens disposant d’un utérus se comporte comme un homme ou vice versa, c’est une autre histoire.

De grâce, ne rendons pas ce type de transgendérisme que moi j’appelle négationniste normal, banal et accessible aux générations futures. Les sociétés évoluent j’en conviens, les codes sociaux qui les régissent également mais évoluent-elles pour aboutir à des individus asexués, n’ayant que des codes-barres pour les différencier tels des produits industriels ? Dans cent ans lorsqu’une femme aura donné naissance à un bébé avec un pénis, va-t-elle refuser de l’identifier comme un garçon jusqu’à ce qu’il grandisse et choisisse par lui-même ? Ou cela nous mènera-t-il sinon perdre tout ce que l’histoire, l’univers, la vie nous aura légué ? On a toujours eu besoin de deux organismes différents pour créer une progéniture : étamine/pistil chez les plantes, mâle/femelle chez les animaux, homme/femme chez les êtres humains. Et cette rencontre ne saurait donner qu’une progéniture disposant d’un genre également bien au delà de toute question anthropologique et sociologique. Faire disparaître les sexes sur les formulaires d’abord (ça a déjà commencé) puis dans la vie de tous les jours c’est vouloir troubler l’ordre naturel des choses.

Je vois tranquillement venir ceux qui vont furieusement me qualifier de petite ignorante coincée dans le moyen âge, homophobe, anti-LGBT et je ne sais quelle autre obscénité. Ce n’est nullement le cas, mais j’avais besoin de dire ces mots coincés au fond de ma gorge depuis quelques temps. Jusque là, chaque fois que j’en ai parlé afin de mieux m’approprier le sujet, d’en cerner les contours ou tout simplement pour m’informer, à toutes mes questions on a donné des réponses désordonnées, pas cohérentes pour un sou, qui ne justifient toujours pas ce « type » de transgénérisme. Alors si vous avez d’autres explications, si ma compréhension du sujet dans les deux derniers paragraphes n’est que factuelle et non profonde, ne vous privez pas d’un droit de réponse à ce billet. Je suis preneuse de toute valeur ajoutée intellectuelle. C’est ici un débat ouvert, je veux que l’on me convainc, que l’on me détaille comment peut-on « éprouver un mal être profond parce qu’étant assimilé à un sexe » .C’est peut-être un billet réactionnaire je vous l’accorde, mais je l’assume entièrement. Liberté d’expression a-t-on dit n’est ce pas ? Eh bien ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde.

Et en attendant d’avoir trouvé réponse à mes inquiétudes, je divorce de ce T dans LGBT.

8 Commentaires

  1. « Pour moi tout ceci est « acceptable » mais ce qui ne l’est clairement pas, c’est de refuser d’être assimilé à un sexe alors même que naturellement, scientifiquement tout a déjà été programmé. « ,
    et pourquoi ce serait inacceptable selon toi?
    As-tu vraiment fait le tour de la question? As-tu lu suffisamment d’études sur la question pour être aussi tranchée?

    1. 1-Non je n’ai clairement pas fait le tour de la question mais je pensais l’avoir mentionné en fin d’article.
      2- Pour le peu que je me suis renseignée, les explications reçues ne me convainquent pas. D’où l’appel aux réponses pour ceux qui en disposent.
      3- À mes yeux c’est inacceptable de n’avoir aucun sexe puisque d’un point de vue biologique, la question ne se pose pas. Changer de sexe car pas à l’aise avec? D’accord !
      Être libre et ouvert sur ces questions ok. Anesthésier notre bon sens au point de nier l’évidence car on a tellement peur d’être taxé de réac ou d’anti-LGBT ? Ça devient n’importe quoi. Moi je dis stop.
      Avoir un sexe féminin ou masculin n’est pas culturel, ce n’est pas quelque chose qu’on peut rejeter comme ça en fonction de nos humeurs et rester neutre, « sans-genre », c’est inhérent à tous les êtres vivants.
      En attendant d’être persuadée du contraire, je rejette ce type de transgendérisme.

  2. Je propose une explication, elle vaut ce qu’elle vaut. La revendication n’est pas de faire disparaître les différences entre les sexes mais de laisser la liberté à certains de ne pas se conformer à un comportement tel qu’on l’attend d’un individu socialisé comme un homme ou comme une femme. Je ne suis pas sûre qu il y ait de la biologie là dedans mais plus l envie d exprimer une individualité plutôt que de s enfermer dans des codes.
    Pour tes enfants je ne m inquiète pas même si tu as peur ou que tu n es pas d accord, tu finiras forcément par accepter s ils adoptent ce comportement. Parce que ce qu on aime chez ses enfants ce n est pas leur conformité aux codes ni leur normalité mais leur identité qui les rends exceptionnels au yeux des parents

  3. Personnellement (et au risque de paraître « transgenrophobe »), je ne comprends pas que des ENFANTS puissent penser qu’ils sont transgenre et que le parents acceptent de procéder à des opérations chirurgicales et à leur faire prendre des hormones pour devenir un garçon ou une fille.
    Je n’ai pas d’enfants mais j’estime qu’il est plus sage d’attendre qu’ils soient à l’âge adulte et que si c’est ce qu’ils souhaitent toujours, ce sera leur choix.
    En tout cas, je suis contente que quelqu’un a finalement mis par écrit ce que moi je pensais dans ma petite tête. 🙂

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