La rupture

Coeur_Brisé

Coeur brisé – Pierre Métivier/ Flickr CC

Cette semaine, ce vendredi, cette heure, j’emprunte mon blog, ma tribune à un ami blogueur (je tiens à le préciser) qui estime pour des raisons personnelles que ce blog est l’endroit idéal pour y publier ces quelques lignes. Que j’ai d’ailleurs trouvées à mon tour accrochantes et teintées d’un joli lyrisme, d’où mon accord. Le blog Veillées Nocturnes Au Coin Du Feu est honoré qu’on ait pensé à lui pour cette énième et petite confidence qu’on place dans ses entrailles. J’espère que vous aurez autant de plaisir que j’en ai eu en prenant connaissance des phrases qui vont suivre, un petit bout de vie gribouillé.

LA RUPTURE

Prendre la route, aller la voir
Lui demander ce qui se passe
L’entendre réitérer sa décision
Lui dire que c’est une blague de mauvais goût
Mais voir cette lueur étrange dans ses yeux

Et comprendre

Lui demander où est la bague
Elle n’est pas à son doigt
L’entendre dire qu’elle l’a jetée
Qu’elle ne l’a plus
Elle ne te l’a pas rendue comme le font d’autres

Et comprendre

La quitter sans qu’elle ne te retienne
Sans avoir de réelle explication
Partir sous son regard placide
Et t’effondrer en larmes
A coté de cette voisine de bus qui te regarde en silence

C’est le jour le plus triste de ta vie

Remballer ses affaires
Sentir son parfum sur ses vêtements
Puis les plier et les mettre dans un sac
La mort dans l’âme
Et te dire que c’est réellement fini
Deux ans… Ça ne peut pas se terminer ainsi

La revoir, lui remettre ses affaires
La trouver encore plus belle que dans ton souvenir
Regarder ses yeux que tu aimais tant contempler
Et la voir repartir, sans se retourner
Te sentir totalement désarmé face à ce qui arrive
Tu n’as pas eu ton mot à dire

Appeler
Envoyer des messages
Supplier
Implorer
Te mettre en colère
Et le regretter

Et encore t’effondrer

Encore appeler, garder l’espoir
Deux ans, ça ne peut pas se terminer ainsi
Essayer d’être le plus calme possible pendant cette conversation
Lui demander où elle se trouve
L’entendre te répondre qu’elle passe le week-end chez lui

Et recevoir un violent coup dans le bide

Ne plus appeler
Te sentir mourir à petit feu
Te poser des questions
Te reprocher des choses
Comment cela a-t-il pu arriver
Comment ne l’as-tu pas vu arriver

Et commencer à haïr

Haïr tout ce qu’elle représente
Haïr tout ce qui lui ressemble
Haïr ses congénères
Te sentir encore attaché à elle
La voir partout
Avoir peur

Auparavant tu étais intimidé, aujourd’hui tu es terrorisé

Terrorisé quand une demoiselle te regarde gentiment
Terrorisé quand elle s’intéresse à toi
Terrorisé quand elle te dit qu’elle t’aime
Tu repenses à ce sol qui s’était dérobé sous tes pieds un soir
Tu repenses à cette explosion en vol
Tu t’enfuis

Jamais plus elle ne se reproduira, cette erreur

La revoir des années après, un soir de mariage
Te rappeler qu’elle avait organisé le vôtre dans les moindres détails
Te rappeler de tous ces châteaux construits en Espagne
Constater que c’était du flan car elle est fiancée, mais pas avec toi
Discuter longuement avec elle, retrouver certaines choses
Qui te ramènent à cette douce époque où vous étiez deux, mais un

Le rêve qui avait viré au cauchemar

Te dire que c’était bien tout de même
Mais qu’elle n’a plus sa place, là
Ni elle ni une autre d’ailleurs
Te décider à devenir un loup solitaire
Doublé d’un ours mal léché, un monstre sans cœur ni vergogne
On ne t’y reprendra plus jamais

Et te rendre compte avec désarroi
Que tu es encore capable d’aimer
Donc d’avoir mal

Ecrit par NRJ

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