Dot dans le mariage et machisme

Récemment, l’on m’a demandé mon avis sur la dot dans le mariage. La dot varie de significations et de procédures en fonction des pays et des peuples. Chez moi en Guinée par exemple, la dot est un bien que le futur marié doit offrir à la famille de sa promise pour qu’on la lui « donne ». Pour les personnes qui m’interrogeaient, il s’agissait justement de décrier ce que l’on considère désormais comme étant une transaction : biens contre femme.

Voir la dot comme une opération de marché est assez réducteur. Ce serait éclipser la signification première de cet acte symbolique, culturel et religieux. Mais cette perception dégradante de la dot est une conséquence immédiate du fait que certaines familles exagèrent délibérément le montant de celle-ci pour s’enrichir à un moment précis, celui du mariage de leur progéniture. Des familles vont jusqu’à exiger de l’or, des voyages, des béliers et des chèvres, des milliers d’euros, des voitures, obligeant parfois le fiancé et sa famille à s’endetter pour pouvoir sceller une union. Vu sous cet angle, il est difficile de ne pas taxer la dot de « commerce de jeunes femmes ».

Pour plusieurs féministes aujourd’hui, la dot est à supprimer car « chosifiant la femme ». On a l’impression d’acheter sa promise à coup de dollars et d’euros. Les féministes vont plus loin en s’interrogeant : le fait pour l’homme de déverser autant d’argent pour épouser sa promise ne l’emmènera-t-il pas à penser que cette femme est « son objet » et qu’il a tous les droits sur elle ? Ses craintes sont tout à fait fondées lorsqu’on a vu des ménages imploser, mais au sein desquels on obligeait de parts et d’autres la jeune mariée à rester dans son foyer, sa famille ne pouvant plus restituer une dot aussi conséquente. Autant de drames vécus par ces jeunes femmes qui deviennent prisonnières d’un mariage malheureux.

Or, la dot est initialement un acte emblématique : elle est censée apporter au père qui va « donner » sa fille, un piètre réconfort au départ de celle-ci. Dans certaines communautés, elle est uniquement réservée à la future mariée. Il est d’ailleurs indiqué que le futur marié ne s’y prête qu’en fonction de ses moyens. Les familles qui utilisent leurs filles, pour combler des besoins matériels personnels pervertissent le sens initial de la dot et salissent cette pratique.

Mais faudrait-il la supprimer pour autant ? Je ne crois pas. La dot dispose d’un grand poids traditionnel pour nos peuples qu’il serait difficile de combler. C’est d’ailleurs une partie essentielle du mariage, qui perdrait ainsi un peu de sa solennité. Je n’hésite pas d’habitude à associer ma voix à celles qui se lèvent pour dénoncer les us et coutumes avilissantes pour la femme mais je crois fermement, que la dot -si appliquée dans son sens originel- n’en est pas une. Je suis globalement pour la conservation de cet aspect atypique de nos mariages car il met en valeur le respect mutuel entre deux familles. C’est aussi une manière attendrissante, qu’a le fiancé de remercier sa belle-famille pour l’éducation donnée à sa future épouse. Bref, tout est question de codes et de symbolique.

Devrait-t-on alors envisager une réglementation juridique de la dot pour éviter ses dérapages ?

Sans doute mais je pense qu’en l’état, il sera difficile de la mettre en pratique dans nos communautés qui ne supportent pas qu’on leur dicte comment appliquer leurs rites. L’idéal serait bien entendu, que les familles qui font de la dot une course à l’escroquerie, fassent d’elles-mêmes une prise de conscience sur le message qu’elles envoient au reste du monde. Serait-ce trop demander ?

2 Commentaires

  1. On peut pas supprimer la dot ,pour les musulmans c’est une recommandation divine.mais la dot doit être versé en fonction des moyens de l’époux. À l’époque du prophète d’autres ont réciter des versets du coran comme dot.

  2. Comme mon prédécesseur le dit, on ne peut pas supprimé la dot parce-que c’est une recommandation religieuse et non plus d’envisager des reglementations judiciaires car ce n’est pas une loi. La seule solution est de suivre la recommandation religieuse comme elle la dite et d’arrêter de la matérialisé.
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