Best of 2016 : à coeur ouvert

Ca y’est, l’année se termine. A cette période de l’année, comme beaucoup de gens je pense, j’aime m’asseoir pour réaliser un bilan des 365 jours derniers (366 ce 2016). Ce fut une année mitigée, je ne saurai dire si elle fut totalement bonne quand bien même de belles choses sont arrivées. De moins bonnes aussi, mais c’est  cela la vie.

Commençons par le début, est-ce que par rapport à 2015 il y a eu un quelconque progrès dans ma vie en général ? Oui, sans hésiter. Alors je me dis que c’est déjà ça, un pas de plus. Tous les jours, j’ai mis un pied devant l’autre du 1er janvier au 31 décembre prochain (je l’espère). J’ai eu l’occasion d’apprécier chaque instant avec des gens que j’aime, je suis tellement reconnaissante pour tout le positif. De nouvelles personnes sont survenues dans ma vie au cours de cette année, et aujourd’hui encore je me demande comment elles ont fait pour prendre autant d’importance en si peu de temps. J’en ai viré d’autres, que j’estimais beaucoup trop polluantes ou dont les principes avaient finalement divergé des miens.

Je sais mieux dire non quand je ne suis pas  d’accord.

Je suis moins exigeante avec moi, j’apprends à lâcher prise. Oui à lâcher prise et à ne pas trop en demander à mon organisme. J’entame des projets excitants, me laisse bercer puis émoustiller par ces derniers, abandonne quelques uns en cours de route, en achève d’autres avec plus de niaque, etc.

Je suis moins dépendante des dogmes cérébraux d’excellence et de perfection, qui parsèment mon cerveau. Je suis jeune (ou plus tant que ça hein ?), je ne veux pas m’arracher trop vite le droit à l’erreur qui rétrécira à mesure que j’avance en âge de toute façon.

Tout récemment, j’ai clôturé mon compte Facebook personnel car j’estimais celui-ci de plus en plus toxique. Tous les réseaux sociaux d’ailleurs le sont d’une manière ou d’une autre. J’ai laissé en ligne ma page professionnelle et dans les mains d’une amie qui joue les Community Managers d’occasion afin de ne pas être coupée de mes lecteurs. Je suis partie car j’ai ressenti le besoin de réduire la portée des RS sur mon mental. Ce n’est pas la vraie vie, j’en suis consciente et il n ‘y a aucune raison de laisser des éléments immatériels nous affecter autant. Je reviendrai peut-être, ou pas. Peut-être finirai-je par les quitter tous et mordre à pleines dents la vie. Non pas que l’un empêche l’autre, mais vous savez le hic avec les personnes comme moi, c’est que nous allons souvent d’un extrême à un autre, du genre tout ou rien.

J’utilise ce temps pour renouer avec des choses que j’aime comme la lecture, ou d’autres que j’aime beaucoup moins comme toute la paperasse administrative à faire qui traînait.

Je me sens bien et c’est le plus important.

Si je ressens le besoin de m’investir dans des choses que je trouve plus gratifiantes, c’est parce qu’aussi je sais que rien n’est acquis, ni rester en vie ni être en bonne santé. Des personnes formidables sont parties autour de moi, à tout jamais. D’autres sont tombées malades, c’est mon cas. On m’a diagnostiquée au cours de cette année, une maladie auto-immune des articulations. J’hésite à en parler parce qu’en général ce sont des choses que l’on garde pour soi. Je l’évoquerai peut-être un peu plus le moment venu, lorsque je me sentirai prête dans un billet qui s’appellera « vivre avec la maladie au quotidien » – si je me décide à l’écrire.

Cette épreuve a bien influencé ma façon de voir les choses, puisque je me sens moins énergique d’une façon générale. Mais c’est une autre histoire, sur laquelle je n’aime pas m’épancher pour l’instant car je ne supporterai ni d’être prise en pitié ni que l’on veuille me ménager. Et je sais que si ma mère passe par là, elle me reprochera de me dévoiler autant, arguant que ça me portera préjudice un jour, de vouloir tout le temps être franche, sincère et directe. Je m’excuse maman, mais je ressentais le besoin de le dire à ceux qui me lisent ici depuis deux ans maintenant. Peut-être comprendront-ils pourquoi je suis moins présente.

Ce n’est en rien dramatique, il y a des choses plus graves et j’ai la chance d’être bien soignée dans de très bons hôpitaux. Je n’en dirai pas tant des petites guinéennes, somaliennes, syriennes, qui peinent dans leurs pays respectifs à avoir les soins les plus élémentaires.

Cela n’empêche rien de toute façon, puisque tous les jours, je me jette dans de nouvelles choses.

Je viens de lancer le portail dieretoudiallo.com. Non seulement parce que j’aime les nouveaux défis, mais aussi parce que je trouve que j’étais longtemps restée inactive. J’avais besoin de quelque chose de frais.

Alors qu’objectivement ce n’est pas du tout vrai, je n’ai pas été inactive bien au contraire. Je suis allée au Sénégal près de trois mois seule sans attaches ni aide, j’y ai travaillé d’arrache pied dans une atmosphère que je découvrais. Je suis allée en Guinée, j’y ai travaillé. J’ai assumé mes fonctions de présidente du collectif « Guinéenne du 21e siècle » sans broncher. Je suis revenue en France, je me suis inscrite en Master et j’ai pris à 23 ans la rédaction en chef d’un magazine connu en Guinée qui s’appelle Madina au sein duquel je coache des personnes nettement plus âgées que moi dans mes équipes. J’ai par ailleurs accepté en dépit de tout, d’être Chargée de communication du projet Lahidi au sein de l’Association des Blogueurs de Guinée et j’organise d’ici (en France) des interviews vidéos qui ont lieu avec nos dirigeants à Conakry. Ce ne sont pas des exploits, mais ce n’est pas rien non plus. Je me bouge tout le temps car j’ai une sainte horreur de l’oisiveté. Mais j’ai l’impression injustifiée que ce n’est jamais assez.

Je le répète, je suis très intransigeante avec moi et parfois bien à tord. Je n’arrive pas à voir toutes ces choses que je fais alors que je sais pertinemment que si je m’extériosais de mon corps, et que j’observais quelqu’un d’autre faire tout cela, j’aurai de l’admiration pour la personne. Sans fausse modestie. Je trouve que c’est insuffisant et parfois même inutile. Les messages et les compliments que je reçois ne me rassurent que l’espace d’une minute avant de tout oublier.

Si nous tentions une analyse freudienne, je dirai que perpétuellement me lancer dans de nouvelles choses est peut-être une façon détournée de montrer que je suis présente, que je suis dans le coup. Je suis partisane de l’empowerment, de la prise en main, de l’A.C.T.I.O.N.

Parce qu’au final, dès qu’on arrête de produire on tombe dans l’oubli et je ne veux pas être oubliée. Est-ce mal ?

Enfin bref, nous parlions de 2016. Ce fut une année riche, pour laquelle je garderai un souvenir intact. J’ai pu voir ma famille plusieurs fois puisque j’ai été en Guinée plus souvent qu’à l’accoutumée. Depuis que papa est parti, la place qu’occupe ma famille s’en est trouvée décuplée. J’essaie toujours de savoir si tout le monde va bien. Je suis la dernière d’une famille dont les membres sont plutôt des électrons libres.

Je veux être présente pour eux et mes neveux.

2016 a aussi été l’année au cours de laquelle j’ai repris contact avec la prière et Dieu. Je suis un As de la remise en question et de l’esprit critique. Avec les religions, j’ai eu des rapports assez (je cherche le mot idéal) … tumultueux, depuis que j’ai découvert Nietzsche au lycée.

Je veux qu’on puisse tout m’expliquer de manière rationnelle. J’ai toujours affirmé que je ne viendrai pas à la religion parce que je l’ai héritée de mes parents et de mon environnement social, mais lorsque j’aurai moi-même le déclic.  Puis j’ai eu la période, je ne l’expliquerai pas pour ne pas passer pour une illuminée, c’est un événement profondément intime dans mon rapport à la spiritualité. Prier m’apporte un apaisement indescriptible, innommable. C’est une connexion tellement bienfaisante, beaucoup mieux que celle à internet. 😉

Oui, toutes ces choses sont arrivées en 343 jours et pourtant il me semble que c’était hier que l’on se souhaitait bonne année 2016. Du bon et du moins bon, mais tout reçu de bon cœur car c’est l’histoire d’une vie, des pages qui se tournent.

Je veux comme un TGV, vivre à 100 à l’heure, même si mes amis disent que ce n’est pas raisonnable. Dans 50 ans, lorsque ma peau se décollera de mes os en pendouillant ici et là, j’aimerais pouvoir regarder le rétro-viseur avec un sourire en coin et ne rien regretter.

Comme la société me l’impose, j’apprends de même à taire ce trop plein de franchise, en apprenant les b.a-ba de l’hypocrisie. Faire des grands sourires quand il faut, serrer des mains fuyantes, roucouler avec des personnes dont on n’apprécie pas forcément le comportement plutôt que de leur cracher la vérité à la figure, esquiver les attaques plutôt que de les affronter. Il paraît que c’est seulement comme ça qu’on avance aujourd’hui, en minaudant pour tout et rien, l’air d’une quiche. Alors voyez-vous, je m’adapte. Je ne referai pas le monde à moi toute seule. 

Certains seraient tentés de dire que je deviens tout simplement une adulte, c’est certainement vrai. A part les factures, les taxes et toutes les choses que l’on fait soi-même, grandir a donc du bon finalement. 2016 est une année bissextile. Pour ces 23 jours restants, je ne vous souhaite que de merveilleuses choses en compagnie de personnes que vous aimez et bien de la prudence. Sachez vous entourer d’ondes positives.

Bonne année, meilleurs vœux.

A 2017.

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