50 nuances de Grey : Arrêtez le massacre!

50 Shades of Grey en librairie. Crédit Photo : Mike Mozart

50 Shades of Grey en librairie. Crédit Photo : Mike Mozart

Depuis que je suis sortie du cinéma hier, une question me taraude l’esprit :

-J’écris dessus ? Je n’écris pas dessus ?

Le déclic s’est opéré à 4h40, m’obligeant à sortir de mon lit douillet et chaud avec qu’une idée en tête : il faut que j’écrive car oh oui, il faut arrêter le massacre de 50 nuances de Grey (En anglais et titre original : 50 (fifty) Shades of Grey). Je veux bien vous donner mon avis pour ce que ça vaut. Vous êtes partant ? Alors on y va !

Avant de franchir le pas, j’ai lu une panoplie d’articles sur le nouveau film-phénomène à la mode. Et c’est bien la première fois que je commence par voir le film avant d’avoir lu le bouquin et verdict ? (roulement de tambouuur)…je l’ai trouvé assez…(Ding-Deng-Dong)…bien. Oui, oui malgré la tonne d’articles qui en font une critique sévère et négative. Ce n’est pas le film de l’année mais de là à le descendre de la sorte, on pourrait même parler de #50ShadesOfGreyBashing, il y a un pas que je ne ferai pas. C’est comme si les blogueurs cinéphiles, les journalistes s’étaient donné le mot pour se livrer à ce jeu un peu vilain de « cassage ».

On lui reproche entre autres sa longueur, le temps écoulé avant le premier baiser puis avant le premier passage coquin, etc. Pour ma part? je n’y ai vu que du feu. Ok, le film dure deux heures cinq minutes mais bon, c’est le minimum pour tenter de restituer un tant soit peu le caractère trépidant du livre qui lui, fait tout de même 560 pages. 560 pages amis lecteurs ne se traduisent pas à l’écran, vous en conviendrez en 60 minutes! C’est une utopie, à moins d’en occulter d’essentielles parties. Je l’ai trouvé agréable à regarder, avec quelques scènes répétitives certes mais je n’ai pas vu le temps passer.

« On a attendu cent ans avant le premier baiser ». Et alors j’ai envie de vous dire? Quelle est cette manie en venant au cinéma (pour passer du bon temps en passant) de vouloir TOUT tout de suite? Personnellement, j’ai adoré qu’on me fasse languir. Le film a commencé intensément, puis s’est peu à peu calmé sans pour autant tomber dans la désuétude. Avez-vous perdu votre romantisme ? (en supposant qu’il y en ait eu). J’ai trouvé très bénéfique le temps passé à nous faire imaginer, trépigner d’impatience, la scène où les deux protagonistes : Christian Grey et Anastasia Steele joignent enfin leurs lèvres! Et mon Dieu quel baiser ! Tumulteux, c’est l’adjectif qui conviendrait le mieux! Scène qui se déroule finalement dans l’ascenseur et dont je suis ressortie toute émoustillée. 😉

Puis est venu le moment où j’ai entendu et lu des phrases comme :

_C’est un film de cul oui ou non à la fin ? Ils vont se sauter dessus ou va-t-elle jouer les petites vierges effarouchées encore longtemps ?

Ma foi, si vous ne vouliez que « ça », qu’ils se sautent dessus sans préambule, vous auriez dû rester chez vous en vous contentant d’un porno. Non mais …!

Et non ce n’est pas un film de cul (pornographie), c’est un film é-ro-ti-que! Nuance! (sans jeu de mot 😉 ). L’érotisme c’est tout de même plus classe et plus glamour, c’est la face non vulgaire du sexe. Alors souffrez je vous prie qu’on y aille doucement, pas à pas. Pour finir et je ne vous apprends rien, le personnage d’ Anastasia Steele incarné par Dakota Jonhson est VRAIMENT une jolie pucelle de 22 ans au début du film alors jusque là tout est logique.

Comme pour « Le Crocodile du Botswanga » j’ai dû batailler dur pour traîner mon ami au cinéma qui trouvait ce film très girly-girly (fifille). Il n’avait pas tord, la salle était bondée d’adolescentes surexcitées. Il faut dire que c’est le genre de films à voir assurément avec sa bande de copines pour les passages croustillants. Moi j’ai dû me contenter d’un monsieur qui râlait à chaque fois que Christian Grey étalait son éminente richesse :

_Pff, on sait très bien que dans la vraie vie ce n’est pas comme ça…

Oui oui d’accord, mais peux-tu te taire et me laisser rêver à m’imaginer dans les bras d’un richissime ET jeune (non négligeable du tout) homme d’affaire qui m’offrirait une voiture pour ma remise de diplôme? 🙂 Ce qui m’emmène à d’ailleurs me demander si les hommes en visionnant ce film se sont sentis frustrés par la fulgurante réussite de Christian Grey à 27 ans. Quoi qu’il en soit mon ami était lui très content de trouver en Grey une face cachée pas très glorieuse.

_Aha! Tu as vu que tout ce qui brille n’est pas or, m’a t-il lancé avec un air de vainqueur.

En ce qui me concerne, les acteurs épousent très bien leurs personnages (contrairement à ce qu’on lit en ce moment). Tout le long de l’oeuvre et sur fond sonore de Queen Beyoncé chantant Crazy in love en version ralentie, Anastasia m’a fait chavirer avec ses mimiques touchantes, l’humour de ses réparties, ses joues rosies lorsqu’elle pleure, sa folle sensualité, etc. Christian Grey parcontre, je l’imaginais un peu différemment mais il s’est rattrapé avec un jeu presque zéro faute dans les minutes qui ont suivi. L’acteur James Dornan joue le mystérieux et richissime entrepreneur, écorché vif par quelque chose que l’on ne sait pas encore et qui a une relation atypique avec la gent féminine. Mais c’est à tout point de vue, une histoire de prince et de princesse qui est censée nous emmener loin dans les méandres du sadisme et du masochisme !


Cependant une chose que je reproche à la réalisation, c’est d’avoir tenté par tous les moyens de « lisser » les parties trash du film, pour qu’il soit visible du maximum de personnes issues de toutes les tranches d’âge. Ce qui est assez dommage car « la férocité » observée dans le livre (et qui a fait son succès) n’a pas été fidèlement retranscrite au grand dam des téléspectateurs qui attendaient (s’étaient préparés même) à juste titre.

Les scènes « sexuelles » duraient à peu près deux à trois minutes et il a dû en avoir trois au total sur 125 minutes de projection.(Exactement comme un film normal et non pas comme un à caractère érotique). La limite d’âge a été baissée à moins de douze ans (-12), ce qui fait que des gamines de treize ans parlaient d’aller le voir comme d’une production Disney. Il s’agit tout de même de sexualité, de SM, de scènes assez crues (pour leur âge) qui méritaient un minimum de seize ans (-16) à mon humble avis. Mais on comprend bien qu’il faille rentabiliser le film en le rendant le plus accessible possible après le gros marketing onéreux dont il a fait l’objet. (Notamment la publicité lors de la mi-temps du Super-bowl). Par ailleurs la fin, non seulement nous surprend mais nous laisse grandement sur notre faim ! C’était le but en même temps. Alors Ana reviendra-t-elle vers son « bourreau » aux magnifiques pectoraux ? Saurons-nous enfin pourquoi ce dominant ne veut point être touché par sa soumise ? Réponse dans le prochain épisode (ou pas).

Pour finir, s’il fallait noter ce film je lui aurais donné la note de 6 sur 10 ou de 2,7 sur 5. Un peu plus au dessus de la moyenne mais en aucun cas au dessous. Un conseil néanmoins, regardez-le en version originale sous-titrée, c’est tellement mieux que les adaptations françaises où l’on voit bien qu’il y a un truc qui ne colle pas avec le langage.

Le film m’a donné envie d’acheter le bouquin. Et pour qui sait qu’il est nettement difficile de faire correspondre un roman à une réalité cinématographique, (on en a la preuve avec la saga Harry Potter, Twilight, Game of thrones où jamais on n’est parvenu à obtenir le même goût en regardant les films et séries qu’en lisant les bouquins) sait également qu’il faut aborder cette oeuvre avec beaucoup d’indulgence et de distance.

Après tout l’art n’est-il pas question de subjectivité à part entière ?

8 Commentaires

  1. Mbof…Déjà que je trouvais que le livre était une sacrée Mer***de (j’ai arrêté de lire très vite, ça devenait vraiment répétitif et sans rien) pour le film faudra repasser…
    Le plus ça va et plus on ça par en sucette.

    1. Et pour les problèmes entre les films et les livres, ne m’en parles même pas, je suis encore en train de ruminer les huits films de Harry Potter. et les quatre saisons de AGOT. 🙁
      Valar morghulis, qu’il disait.

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